12 février 2017

« Il manquait un maraîcher qui propose des produits bio »

12/02/2017
Une maraîchère bio va s’installer prochainement à Neulise. Son but ? Développer les circuits courts et fournir la restauration scolaire.

Aude-Marie Moyne, responsable de l’entreprise Les légumes de Neulise.  Photo Bernard GUILLERMIN

Aude-Marie, quel est votre parcours ?

« J’ai passé un Bac en économie et un BTS ACSE (Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole), spécialisation vaches laitières, suivi d’une licence Pro éco marketing, complété par une formation PPAM (Plantes à parfums aromatiques et médicinales). Puis, pour me former à la vie professionnelle, j’ai réalisé un stage en apiculture, dans un magasin bio et un en maraîchage, ce qui m’a permis de me diriger vers le maraîchage biologique. »

Vous allez donc vous installer en maraîchage ?

« Oui, à 39 ans, je m’installe à Neulise, au lieu-dit Rochefort, en spécialisation maraîchage biologique, sur un terrain de 5 hectares sur lequel un bâtiment de 200 m² va sortir de terre, en juillet 2017, s’il n’y a pas de retard. »

À quoi est due votre installation ?

« Cette installation est due au constat et à des études réalisées par l’association Vivre bio en Roannais, d’un manque légumier qui propose des produits bio dans le Roannais, pour fournir la restauration collective scolaire dans le cadre d’un développement des circuits courts. »

Allez-vous travailler seule ?

« Oui, je vais travailler seule, mon exploitation sera répartie en un hectare de cultures avec une serre de 1 000 m² et un hectare d’engrais vert pour la rotation, les trois hectares restants vont servir pour du foin. Les légumes cultivés ne seront uniquement que des produits d’hiver (carottes, poireaux, courges, choux…). Je compte dans l’avenir, éventuellement, mettre en place un système panier commande par Internet. J’aimerais remercier la communauté de communes du Pays entre Loire et Rhône (CoPLER) qui a joué un rôle central dans mon projet, qui a commencé à se mettre en place en 2013. »
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Contact Tél. O6.69.07.01.10.
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23 janvier 2017

Vivre bio en Roannais : « Nous voulons continuer à tirer le bio vers le haut »

23 janvier 2017
Ce lundi soir, l’association Vivre bio en Roannais se réunit pour son assemblée générale, ouverte à tous. L’occasion d’ouvrir les débats et de redéfinir les objectifs de l’association.
Un tiers des adhérents de l’association sont des agriculteurs. Certains sont présents sur le marché de Roanne chaque vendredi. Photo Adèle BINAISSE
L’association, riche d’environ 150 adhérents, promeut une agriculture biologique et éthique, proche du territoire et de ses consommateurs.

Parmi ses nombreuses actions, on peut citer l’organisation des Estivales bio, les diagnostics de ferme pour des agriculteurs qui veulent changer de système, ou encore le travail avec des chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique).

Pour une agriculture locale qui créée du lien social


Pour la co-présidente, Isabelle Janin, il est très important de continuer le débat : « Nous voulons continuer à tirer le bio vers le haut.

Cette agriculture est en train de changer d’échelle, avec une hausse du nombre de consommateurs et de producteurs. Les gens se demandent vers quel bio on va… Nous sommes déçus de voir que la Région s’écarte de tout ce que l’on a apporté et baisse les subventions (1). Nous, ce qu’on veut, c’est une agriculture qui fait vivre les gens d’ici, qui apporte du lien social », explique-t-elle.

Ce soir, la question de la pérennité du bio de qualité va se poser. « Certaines chartes qui vont plus loin que celle de l’AB, comme Nature et Progrès, Bio Cohérence, Demeter… Nous voulons aussi réfléchir sur la possibilité de territorialiser le bio du Roannais. Et surtout, nous voulons faire du bio haut de gamme, mais accessible à tous ». Vivre bio en Roannais se rend dans les écoles, dans les CCAS (Centre communal d’action sociale), pour montrer qu’on peut manger bien pour pas trop cher, pour expliquer le circuit de l’aliment jusqu’à nos assiettes.

Dans la continuité des autres années, de nouveaux rendez-vous citoyens, et beaucoup d’échanges, sont au programme en 2017.
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Infos Assemblée générale ce lundi soir à la salle du Diapason, boulevard de Thiers, à partir de 19 heures. Seuls les adhérents peuvent voter.
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(1) Les subventions allouées à la Fédération régionale d’agriculture biologique (Frab) par la Région Auvergne-Rhône-Alpes sont passées de 720 000 à 220 000 euros de subventions par an cette année.
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Adèle Binaisse.

21 octobre 2016

Ferme des Millets : quatre jeunes produisent bio sur le lieu test agricole

21/10/2016
À l’initiative d’une démarche du Pays Roannais en Rhône-Alpes, et celle de Roannais Agglomération, un « lieu test agricole » d’une superficie de 13 ha, la ferme des Millets, accueille pour trois ans quatre entrepreneurs à l’essai, qui ont pour objectif de créer leur propre entreprise au terme de ces trois ans. Le dispositif d’accompagnement de ces jeunes a pris la forme d’une association, Etamine. Après quelques mois d’activités, rencontre avec les maraîchers, Adrien Maréchal et Julien Buffard, et les agricultrices-éleveuses Gwendoline Vidal et Aurélie Lechère.

Adrien, Julien, Gwendoline et Aurélie, entrepreneurs « bio » à la ferme des Millets, sont présents sur les marchés. Photo Jeanine FOURNIER

Julien, cet essai à l’espace test agricole des Millets te paraît-il convaincant ?

« Complètement, cette mise à disposition des terres permet de me mettre en situation réelle. Ma mission est la production de légumes de saison tout en respectant le cahier des charges de l’agriculture « bio », et de commencer à se faire une clientèle avec les marchés. Je vends mes produits tous les dimanches au bourg de Ouches, de 8 à 12 heures, à Amplepuis les mardis de 8 à 12 heures et à la ferme des Millets les vendredis de 17 à 19 heures. Malgré les intempéries du printemps (pluie, grêle) et la sécheresse cet été, la production correspond à nos attentes et l’on est satisfait. »

Pratiquer une agriculture durable, 
basée sur l’agro-écologie

Adrien, en quoi tes activités de maraîcher sont-elles complémentaires de celles de Julien ?

« La production comprend une trentaine de légumes et de fruits différents à ce jour. Nous disposons chacun de deux serres (500 m² ). Une réserve d’eau de 3 000 m³ est remplie en hiver par les eaux de pluie et lorsque la réserve ne suffit pas, un puits artésien dont le forage a été réalisé par Roannais Agglomération prend le relais. Sur commandes, j’effectue la préparation de paniers hebdomadaires sur deux lieux de distribution les jeudis à Saint-Jean-Saint-Maurice-sur-Loire « la Cure » à 17 heures, et les vendredis à la ferme des Millets de 17 h 30 à 18 h 30. Cet espace-test me permet de découvrir le métier, de me perfectionner, et de pouvoir développer petit à petit plusieurs réseaux, clientèle, confrères maraîchers, etc. Tout cela dans des conditions qui, à la ferme des Millets, satisfont mon souhait de pratiquer une agriculture durable, basée sur l’agro-écologie. »

Gwendoline et Aurélie, vous vous êtes associées pour l’élevage d’ovins et volailles ?

« Suite à une formation agricole qui a abouti au BPREA (brevet responsable d’exploitation agricole), nous nous sommes lancées en contrat Cape (contrat d’appui au projet d’entreprise) pour élever des brebis laitières (50), des poulets de chair (200), des poules pondeuses (20) et des cochons (2). On transforme le lait de brebis en fromages (tomme, pâte molle, petits frais affinés), yaourts. Tous les vendredis à la ferme, nos produits sont proposés à la vente de 17 à 19 heures. »

17 septembre 2016

La transition écologique à l’honneur des Estivales Bio

Samedi 17 septembre 2016
Un marché de producteurs bio sera, entre autres, proposé au public des Estivales Bio. © Photo d’illustration
La journée de dimanche sera consacrée à la défense des initiatives en matière de transition écologique, comme l’ont souhaité les organisateurs des Estivales Bio.
Voilà plusieurs années déjà que l'association Vivre bio en Roannais organise les Estivales Bio. D'abord dans des fermes, puis au port de Roanne en 2015, et cette année au Grand Couvert de Saint-Hilaire-sous-Charlieu. Dans ce haut lieu du patrimoine du pays de Charlieu, choisi en raison des Journées du patrimoine qui ont lieu également ce week-end, conférences, ateliers et rencontres sont programmés (lire par ailleurs).

Les thématiques évoquées dans le film Demain
L'événement, à l'origine dédié principalement à l'alimentation et à l'agriculture, va s'ouvrir cette année à d'autres sujets sociétaux. « Nous avons choisi de reprendre les grandes thématiques du film Demain (*), détaille Bernadette Ricca, l'une des organisatrices des Estivales Bio. C'est un documentaire engagé qui a été largement diffusé sur le territoire de Charlieu - Belmont à l'initiative de la communauté de communes. »

En reprenant la trame du long-métrage, Vivre bio en Roannais veut démontrer qu'à l'échelle locale aussi on peut « faire évoluer les choses » en matière d'alimentation, d'éducation, d'agriculture, d'économie, etc. Une carte du Roannais sera ainsi exposée et listera les initiatives que les collectivités (agglomération et communautés de communes) ont été invitées au préalable à relever.

Montrer qu'à l'échelle locale aussi on peut « faire évoluer les choses »
« Il existe d'autres manières de consommer. Ça bouge vraiment du côté de Roanne et de Charlieu. Il y a des gens qui ont des idées, il faut le faire savoir », poursuit celle qui défend, au quotidien, sa conception du métier d'agricultrice (lire par ailleurs). Une idéologie à découvrir ce dimanche au Grand Couvert.

(*) Demain est un film documentaire sorti en décembre 2015 qui évoque des initiatives, prises dans dix pays, visant à chercher des solutions pour résoudre les crises écologiques, économiques et sociales que traverse le monde.

Tout le programme des estivales bio du dimanche 18 septembre

À Nandax. Visite de ferme. De 10 heures à 11 heures. Au Panier du jardinier.

À Boyer. Visite de ferme. De 14h30 à 15h30. À la ferme du Marpin.

À Saint-Hilaire-sous-Charlieu (au grand couvert). 
Conférences. 
À 10 heures. Éthique en entreprise : table ronde avec Éric Boël (Les Tissages de Charlieu) et Jean-Pierre Vignon (produits à base d’essences naturelles et d’huiles essentielles bio, Neulise).
À 11 heures. Des hommes et des bêtes : présentation du livre Le Yin et le Yang (éd. du Miroir), rencontre avec les auteurs et éditeurs, table ronde avec Jocelyne Porcher et des acteurs locaux.
À 14 heures. La monnaie locale, avec Marie Fare.
À 15 heures. L’herboristerie, avec Christian Jumel et Sylvie Mouton.
À 16 heures. La qualité alimentaire, un bien commun dans le Roannais : avec Pierre-Antoine Landel et Claude Janin.
À 17 heures. Cultivons nos semences libres (grainothèque locale), avec Corinne Duperron.

Interventions. À 11 heures et 14 heures. René Valorge, président de la communauté de communes de Charlieu - Belmont, et sa vice-présidente Isabelle Dugelet, maire de La Gresle, évoqueront les initiatives sur leur territoire, dont la démarche « Zéro phyto » pour la diminution de l’usage de pesticides dans les espaces verts.

Animations. De 9 à 19 heures. Stands, buvette, marché de producteurs bio (viande, légumes, miel, escargots, fromages, frites, crêpes, etc).

Ateliers. De 9 heures à 19 heures. Carte des initiatives du Roannais pour la transition, les étapes du passage en bio pour les agriculteurs, puériculture, éducation (Montessori), communication non violente, etc.


Concert. À 18 heures. Avec le groupe Andco (chansons françaises, style reggae acoustique).

Laurie Lyothier.

29 juin 2016

La moitié du vignoble touchée par la grêle

29/06/2016
Vendredi, la moitié du vignoble de la Côte roannaise a été grêlé. Les viticulteurs les plus touchés vont demander des dérogations à l’État pour pouvoir acheter du raisin localement ou sur d’autres vignobles et compenser les volumes détruits par la grêle.

Les frères Pluchot ont traité, mardi matin, les vignes abîmées pour favoriser la cicatrisation. « Il faut sauver ce qui peut l’être et ne pas baisser les bras », témoigne Edgar. Photo Kevin TRIET
Villemontais, Saint-Alban-les-Eaux, Lentigny et Saint-André-d’Apchon sont les communes principalement touchées par l’épisode de grêle de vendredi soir. Si le phénomène n’a duré qu’une dizaine de minutes, les dégâts sont considérables puisque la moitié du vignoble est touchée. Les plus impactés sont le Retour aux sources des frères Pluchot, à Saint-Alban, dont 70 % à 80 % de la récolte future seraient détruits ; le Domaine de la Rochette, à Villemontais (50 %) ; le Domaine des Pothiers (50 %) ; Vincent Giraudon ; Claudy Néron (L’Eden du Muid) ; le Domaine Vial…

Acheter du raisin ailleurs


Certains sont assurés comme le Domaine de la Rochette. « Mais ça ne remplace pas les volumes perdus », souligne Pascal Néron, qui précise que des démarches sont entreprises pour « pouvoir acheter de la vendange localement ou ailleurs », ce qui est interdit quand on n’est pas négociant. Il faudra, pour cela, obtenir des dérogations auprès des services des Douanes. Sur la Côte roannaise, ce sera probablement difficile de trouver le raisin nécessaire et les vignerons qui en ont besoin devraient s’orienter vers d’autres vignobles. Edgar Pluchot, du Retour aux sources, indique qu’il pourrait se tourner vers celui de Saint-Pourçain-sur-Sioule. Le vin serait alors vendu sous l’appellation Vin de France. C’est un besoin quasi vital pour cette exploitation qui n’était pas assurée et dont les deux prochaines récoltes seront affectées. Elle ne peut se permettre, l’an prochain, de n’avoir que 10 000 bouteilles à vendre « alors qu’on a largement le potentiel pour en vendre 40 000 ». Pour faire face aux problèmes de trésorerie, il réfléchit avec son frère Marc-Antoine à la possibilité de faire entrer des personnes au capital de la société pour avoir des fonds. Car si le chiffre d’affaires a été triplé en 7 ans, la société est encore très endettée, en raison des investissements. Roannais agglomération va étudier les aides possibles qui pourraient être apportées et appuiera les demandes des vignerons auprès des banques pour « un report des dettes et auprès de la MSA un gel des cotisations », explique l’élu Pierre Devedeux. Malgré les dégâts causés par la grêle, ils ne pourront faire l’objet d’une déclaration de catastrophe naturelle, « car la grêle est quelque chose qui s’assure, explique le sous-préfet Christian Abrard. Ou il faudrait que les ceps aient été touchés et que les productions des années futures soient compromises… »

Pour limiter les dégâts, les vignerons traitent les vignes grêlées pour cicatriser les plaies. Certains utilisent du cuivre, d’autres des tisanes de valériane et d’arnica, comme Romain Paire, en agriculture biodynamique. Mais le vent et le temps sec des derniers jours font également du bien.

Kévin Triet.

Les maraîchers ont aussi souffert

29/06/2016
Maraîcher à Ouches, Julien Buffard a subi beaucoup de pertes. Photo Kevin TRIET
La grêle a fait aussi d’importants dégâts chez les maraîchers. À la ferme des Millets à Ouches, les deux maraîchers installés depuis mars dans l’espace test ont perdu tout ce qui n’était pas sous serre : courgettes, carottes, pommes de terre, oignons, courges, choux… « Le problème, c’est qu’on a les légumes de saison qui sont touchés, mais aussi ceux d’hiver », indique Julien Buffard, qui a replanté dans l’urgence ce week-end. Son collègue Adrien Maréchal a transformé les légumes abîmés dans l’urgence en bocaux et conserves. Malgré ce coup dur, il a été décidé de maintenir l’inauguration du point de vente à la ferme prévu dimanche de 17 à 21 heures, « avec un appel aux soutiens ». Sur la ferme, les serres ont aussi été endommagées. À Chérier, Lilian Marconnet a également eu de grosses pertes sur ses récoltes maraîchères mais aussi de fruits rouges : 80 kg de fraises et il espérait récolter dans les semaines à venir 200 kg de framboises. « Quand on voit les heures de boulot que ça représente, effacées en dix minutes… »

Kévin Triet.

23 juin 2016

L’agriculture biologique se développe et cultive sa différence

23/06/2016

Le bio séduit de plus en plus d’agriculteurs dans le Roannais. Après le printemps bio qui vient de s’achever, rencontre avec quelques spécialistes locaux.

La place du Marché compte une dizaine de producteurs bios dont les produits font fureurs auprès des consommateurs. Photo Jérôme DELABY
« C’est une agriculture qui bouge dans le Roannais », assure Isabelle Janin. Cette éleveuse de vaches latentes, de limousines et d’ovins basée à Fourneaux, travaille en bio depuis 25 ans. En compagnie de Samantha Le Floch, agricultrice bio à Les Noës, spécialisée dans l’élevage ovin et caprin depuis 10 ans, elle copréside l’association Vivre Bio en Roannais.

Forte de 150 adhérents, composée d’un tiers d’agriculteurs et de deux tiers de consommateurs, l’association, en lien avec l'Ardab (Association Rhône-Loire pour le développement de l’agriculture biologique), a pour objectifs de développer l’agriculture bio sur le territoire et d’apporter un dynamisme de changements de consommation alimentaire.

" Une très forte progression du bio "

« Il y a une très forte progression du bio, avec beaucoup de petits agriculteurs », reprend Isabelle Janin. En 2012, 1,8 % de la surface agricole était dédiée à l’agriculture biologique, pour une quarantaine d’agriculteurs. Aujourd’hui, la surface est passée à 3,8 % pour environ 80 agriculteurs, selon les chiffres de l’Ardab. Toujours en 2012, il n’y avait que 5 maraîchers bios. Aujourd’hui, on en compte 15 sur l’arrondissement de Roanne. Sur la place du Marché, ils sont une dizaine tous les vendredis matin, à vendre leurs produits bios comme des petits pains.

Pain, viande, fromage, légumes... 

Justement, du pain bio, il y en a, entre autres. Tout comme de la viande, du fromage, du lait, des légumes, des plantes aromatiques, de la charcuterie ou des huiles végétales. Parmi ces agriculteurs locaux, certains ont reconverti leur ferme en bio, ou sont en phase de reconversion. « Par convictions », disent-ils.


Environ 80 producteurs qui souhaitent convertir leur exploitation en bio

Un cheval de bataille de Vivre Bio en Roannais : « Entre le Rhône et la Loire, environ 80 producteurs sont en diagnostic avec la chambre d’Agriculture pour convertir leur exploitation en bio. Le Roannais est un territoire d’élevage, et les producteurs, qu’ils soient de côte roannaise, de viande, de lait ou maraîchers, sont prêts à se convertir. »


Des freins à l’installation de jeunes agriculteurs bio subsistent néanmoins. « Malgré la présence du lycée agricole Chervé ou de la MFR (Maison familiale rurale, N.D.L.R.) dans le Roannais, la formation en bio n’est pas assez poussée à mon sens. Et puis, évidemment, le foncier n’incite pas les jeunes à s’installer. »

Jérôme Delaby.

La conversion en bio, « une question de volonté »

23/06/2016
Sébastien Chaize a démarré sa conversion bio il y a un peu plus d’un an. Photo J.D.
« Quand je me suis installé, en 1997, il ne fallait pas me parler de bio ! » Sébastien Chaize a bien changé en vingt ans. Après ses études au lycée agricole Chervé à Perreux, l’agriculteur originaire de Parigny s’installe à Sail-les-Bains où il devient producteur de fromage de chèvres. Il possède 350 bêtes aujourd’hui. « On vend 10 % de nos fromages sur le marché de Roanne, 30 % à des affineurs Charolais AOP, et 60 % à des crémiers. Sur toute la France et un peu à l’étranger. Mais pas de grandes surfaces », insiste-t-il. Toute la transformation se fait dans sa ferme, Le Colombier.

« Ce qui a changé, c’est ma vision des choses »

Le déclic va se faire après un grave accident de la route survenu en 2006. Immobilisé pendant deux ans, Sébastien cogite : « J’ai eu le temps de réfléchir à ma vie personnelle et professionnelle. Ce qui a changé, c’est ma vision des choses. » Quelques années plus tard, après avoir établi un diagnostic avec la chambre d’Agriculture et l’Ardab, soutenu par sa femme Nathalie, il se lance dans l’aventure biologique. « Je me suis rendu compte que les produits et les engrais que j’utilisais n’apportaient finalement pas grand-chose. On se rapprochait du bio depuis plusieurs années. Ça s’est fait par étapes. On s’est dit c’est le moment. » Depuis un an et demi, les bêtes sont nourries en herbe et céréales bio. En plus de ses 40 hectares de terrains en conversion, Sébastien a récupéré il y a peu 40 hectares supplémentaires déjà convertis bio. Une aubaine. Ses porcs gascons, qu’il transforme sur place en charcuterie, devraient obtenir le label sans soucis d’ici un an. « Potentiellement, il faut deux ans pour passer en bio. » Reste à convertir ses fromages. « C’est plus compliqué pour les chèvres car le cahier des charges est très précis, notamment pour les pâturages. On verra d’ici novembre ou décembre s’il est possible de les faire convertir. »

« J’ai voulu sortir du rang traditionnel »

Heureux dans cette transition, Sébastien ne regrette pas son choix, malgré les difficultés : « J’ai voulu sortir du rang traditionnel. Ici, ce n’est pas très bien vu. On ne parlait pas du bio en formation ou entre professionnels, par rapport à aujourd’hui. » Ce sont ses convictions personnelles qui l’ont poussé à franchir le pas : « Je fais ça pour moi avant tout. Je n’ai pas eu à augmenter mes prix, mais économiquement, on n’a pas le droit à l’erreur. »

Pour Sébastien Chaize, déterminé à aller au bout de sa conversion, le passage au bio, « c’est une question de volonté ».

J.D.